Portrait d’une condamnée à mort – Czeslawa Bilicka

Portait d’une condamnée à mort – Czeslawa Bilicka

 

Le lundi de Pâques de l’année 1941, le corps mutilé de François Bilicka, ouvrier maçon polonais de 36 ans et père de deux enfants, était retrouvé dans une fosse de son jardin. Disparu depuis quelques jours, son épouse, Czeslawa Bilicka, avait affirmé qu’il était parti en Allemagne pour le travail. 

Pourtant, l’affaire était tout autre. Après plusieurs investigations, il apparaissait que son épouse avait pris un amant depuis quelques temps et que son mari devenait gênant pour vivre sa liaison. 

Il était alors décidé par les deux amants de supprimer ce mari encombrant. Une nuit, alors que les enfants dormaient, l’amant de Czeslawa assommait François Bilicka puis son corps était traîné jusqu’à une grange par les deux amants, avant d’égorger le mari à coups de rasoir. 

Pour faire disparaître son corps, une fosse était creusée dans le jardin. Cependant, celle-ci étant trop étroite, les assassins décidaient alors de scier les jambes du défunt pour réussir à l’entreposer entièrement. 

Une enquête était alors ouverte contre Czeslawa Bilicka, polonaise âgée de seulement 35 ans, et contre son amant. Devant la cour d’assises, une première audience servait uniquement à un supplément d’information tant l’instruction était peu précise et les contradictions se multipliaient. Par exemple, les dires des enfants et du médecin légiste contredisaient la version amenée par le ministère public.  

En effet, Czeslawa Bilicka et son amant se chargeaient mutuellement lors de l’enquête afin d’atténuer, chacun, leur propre responsabilité dans l’enquête. Si d’abord Czeslawa Bilicka avait reconnu avoir tuée seule son époux, elle réfutait ensuite cette version pour indiquer que son amant l’avait contrainte à frapper son mari à coups de hache sur la tête mais que c’était lui qui avait tranché la gorge du mari à l’aide d’une lame de rasoir. Les enfants du couple avaient confirmé la version de l’accusée. 

Puis, elle indiquait désormais avoir tuée seule son mari alors qu’il dormait profondément suite à une consommation de boisson alcoolisée. Afin qu’il ne réagisse pas, elle l’avait solidement ligotée. Elle indiquait alors avoir transporté le corps de son mari avec l’aide de son fils. Lors d’une reconstitution du crime, les enfants confirmaient cette nouvelle version. 

Pour autant, le médecin légiste indiquait qu’il était impossible qu’elle ait pu, seule, ligoter et trancher ainsi la gorge de son époux, tout comme il était impossible qu’elle ait pu trancher les membres inférieurs de la victime avec une hachette, seul instrument qu’elle reconnaissait avoir utilisé. 

Pendant l’audience, Czeslawa Bilicka revenait une fois encore sur ses déclarations et incriminait  à nouveau son amant. Ce dernier faisait état de nombreuses hésitations dans ses déclarations. 

Lors de la seconde audience, tenue en 1942, la cour d’assises retenait la pleine responsabilité de Czeslawa et la condamnait pour assassinat. Après un rejet du pourvoi en cassation, celle-ci était exécutée en juin 1943.