« Pôle justice » à Jacques-Cartier. Réponse de la liste de Marie Mesmeur. FAIRE MIEUX POUR RENNES. RFI

Champs de Justice a adressé aux listes municipales un questionnaire sur le projet de création d’un pôle justice à Jacques-Cartier. Nous publions les réponses des candidats au fur et à mesure.

LISTE FAIRE MIEUX POUR RENNES AVEC MARIE MESMEUR.RFI

Avez-vous un projet pour l’ancienne prison Jacques-Cartier ? Si oui, quelles orientations prendriez-vous ?

La liste Faire Mieux pour Rennes souhaite que des aménagements comme l’ancienne prison Jacques-Cartier deviennent des espaces d’émulation pour les Rennais et les Rennaises, capables de rassembler l’ensemble des habitants. Nous affirmons la nécessité de faire de ces espaces des biens publics accessibles à toutes et tous et nous nous opposons fermement à l’acquisition des biens patrimoniaux par le secteur privé. Nous souhaitons faire en sorte que ce lieu puisse être investi et co-géré par des acteurs associatifs et les citoyens eux-mêmes. La justice étant un des piliers de notre république, il est pour nous essentiel d’en expliquer son histoire, ses évolutions et ses limites. Un projet émancipateur autour de la justice ne saurait faire l’impasse sur la dénonciation des conditions inhumaines d’enfermement, de l’utilisation d’une justice politique ou encore des limites de la justice punitive. 

Comment définissez-vous ce futur lieu et à destination de quels publics ?

Il est pour le moment très frustrant de voir cet espace ouvert uniquement de manière ponctuelle, notamment lors des Journées européennes du patrimoine, qui rassemblent chaque année des milliers de visiteurs. Cela démontre le fort intérêt des citoyens pour ce bâtiment, en raison notamment de la fascination qu’exerce l’univers carcéral. Ainsi, comme indiqué dans la question 1, nous souhaitons faire en sorte que cet espace soit le plus largement ouvert possible aux habitants, aux publics scolaires, comme un lieu à la fois pédagogique, patrimonial et profondément politique. 

Seriez-vous prêt à conserver une partie de l’ancienne prison en l’état, hors mise en sécurité, comme l’aile Est ?

Concernant la conservation du patrimoine, nous pensons qu’il serait en effet intéressant de garder une partie de la prison d’origine afin de préserver un lien avec le passé du bâtiment, tout en la valorisant au profit des visiteurs.


Adhérez-vous au projet d’intégrer dans l’ancienne prison Jacques-Cartier un pôle justice, de médiation et d’information afin de rapprocher les citoyen(ne)s du monde de la justice ?

Oui, si celui-ci répond à un besoin des Rennais et des Rennaises. Sa forme et son contenu ne pourront évidemment pas être distinct de la vision émancipatrice que nous portons. La revitalisation de l’ancienne prison Jacques-Cartier ne pourra être conditionnée à cette unique fonction. Conformément à notre programme municipal, nous souhaitons faire en sorte que les Rennaises et les Rennais se réapproprient l’ensemble du bâti public. Le projet sera ainsi débattu et construit avec les habitants en cohérence avec notre programme et leurs aspirations. 

Si oui, comment, avec quels moyens humains et matériels envisageriez-vous de développer un pôle justice dans une partie de Jacques-Cartier ? Quelle synergie pensez-vous développer ?

Cela dépendra, comme évoqué plus haut, des besoins identifiés et surtout des concertations qui pourront être menées à l’échelle du quartier, en lien avec les associations et les acteurs concernés.

Notre proposition ne porte que sur une partie des lieux (environ 25 % des bâtiments historiques). Quels autres usages et fonctions souhaitez-vous en complément ?

Il pourrait être intéressant d’intégrer d’autres propositions remontées par les habitants afin que ce lieu réponde pleinement aux besoins exprimés. Nous estimons que cet espace pourrait également être utilisé comme un lieu de médiation culturelle et d’éducation populaire. Les choix portant sur l’utilisation de ces espaces seront également soumis à la discussion avec les Rennaises et les Rennais.  

Deux condamnés à mort furent guillotinés à l’entrée de Jacques-Cartier. Seriez-vous disposé à y planter l’arbre du 40e anniversaire de l’abolition, actuellement dans les pépinières de la ville ?

Oui, tout à fait.

Êtes-vous prêt à financer les études préalables à la réalisation d’un pôle justice, notamment le PSC (Projet scientifique et culturel) et l’étude de programmation ?

Si le projet est cohérent, correspond aux aspirations des Rennaises et des Rennais et porte en lui une volonté émancipatrice, une mairie insoumise pourrait soutenir financièrement ces démarches.

Comment piloteriez-vous ce projet ? Avec quels partenaires ? Quelle place laisseriez-vous à l’association Champs de Justice, au monde judiciaire et à la société civile dans l’élaboration et le suivi du PSC ?

Nous ne souhaitons pas que le projet appartienne au secteur privé et préférons qu’il s’inscrive dans une dynamique portée par des experts, des habitants et des citoyens curieux. Le but est de faire en sorte que ce lieu devienne un espace fédérateur pour les Rennais et les Rennaises. Ce lieu devra correspondre aux aspirations progressistes, émancipatrices des Rennaises et des Rennais et s’opposer au développement d’un discours carcéraliste et sécuritaire. Les associations, les collectifs et les acteurs du monde carcéral et judiciaire luttant pour les droits humains, pour une justice pour toutes et tous, et soutenant l’absolue nécessité de la séparation des pouvoirs auront ainsi toute leur place dans la mise en œuvre de ce projet.