« Pôle justice à Jacques-Cartier » Réponse de la liste Nathalie Appéré. Rennes Solidaire

Champs de Justice a adressé aux listes municipales un questionnaire sur le projet de création d’un pôle justice à Jacques-Cartier. Nous publions les réponses des candidats au fur et à mesure.

LISTE RENNES SOLIDAIRE AVEC NATHALIE APPÉRÉ

Q1. Avez-vous un projet pour l’ancienne prison Jacques-Cartier ? Quelles orientations prendriez-vous ?

Le projet de la liste Rennes Solidaires s’inscrit pleinement dans la continuité du manifeste rédigé suite à la concertation menée par le facteur urbain en 2023.

Nous confirmons les 4 dimensions au projet Jacques Cartier qui a vocation à devenir à moyen terme un site d’intérêt métropolitain :

– Lieu artistique avec un enjeu de soutien à la création artistique ;

– Lieu de mémoire avec un enjeu de patrimonialisation de la prison (et de la question « citoyenne » de l’enfermement) ;

-Lieu de citoyenneté avec un enjeu de création d’un « espace d’initiatives citoyennes » au service du territoire métropolitain (habitant.es, associations, chercheur.euses, etc…) ;

-Lieu de respiration en cœur de quartier avec un enjeu de végétalisation et de construction d’une « couture » urbaine entre 2 quartiers à relier à travers ce nouvel espace urbain ; Sud-Gare et Bréquigny.

Q2. Comment définissez-vous ce futur lieu et à destination de quels publics ?

Un espace culturel. Un lieu de destination. Un lieu de médiation « citoyenneté/ justice/prison ». Un lieu de créativité. Un lieu de mémoire. Un lieu de respiration dans la ville, un lieu de recherche/formation et possiblement, un lieu d’activité économique.

Q3. Seriez-vous prêt à conserver une partie de l’ancienne prison en l’état, hors mise en sécurité, comme l’aile Est ?

Oui, il serait envisagé de laisser en l’état une partie de la prison comme « espace témoin » de l’histoire carcérale du lieu. En revanche, la question de la mise en sécurité n’est pas une option s’il s’agit d’y accueillir du public.

Q4.A. Adhérez-vous au projet d’intégrer un pôle justice à Jacques-Cartier ?

Dans le projet que nous dessinons progressivement avec les « acteurs embarqués », il s’agira davantage de valoriser le patrimoine matériel et immatériel carcéral existant de la prison Jacques Cartier. Nous n’envisageons pas d’en faire un pôle justice en soi car du point de vue patrimonial, la prison ne constitue qu’un aspect restreint de la thématique de la justice. Le processus de réflexion engagé avec les acteurs du « groupe de travail mémoire/patrimoine » depuis 2023, nous invite à porter notre attention sur la question spécifique de l’histoire du lieu au cours du 20ème siècle et des personnes « porteuses d’histoires » qui y ont été détenues ou qui y ont travaillées. En revanche, il est envisagé que nous puissions, demain, élaborer un parcours « justice » dans la ville mettant en exergue et reliant entre eux la diversité des lieux « de justice » ou de l’histoire judiciaire de Rennes tels que le parlement, la cité judiciaire, le lycée Émile Zola, le nouveau parcours Dreyfus des Champs libres et de fait, dans un futur proche, un espace de médiation de la question carcérale au sein de la prison Jacques Cartier.

Q4.B. Comment et avec quels moyens développer ce pôle justice ? Quelles synergies ?

Cet espace patrimonial devra être le produit des expérimentations menées actuellement et pendant la période transitoire renforcée qui s’ouvre. La documentation ainsi constituée et les expériences menées seront partagées au sein du groupe de travail institué « mémoire/patrimoine/transmission ». Les objectifs de ce groupe de travail se déclinent autour de 3 dimensions:

– Déploiement de recherches participatives sur le patrimoine matériel et immatériel de

la Prison Jacques Cartier (dans le prolongement de la recherche menée par Cartier Libre) ;

– Documentation et constitution progressive d’une collection ;

– Expérimentation de dispositifs de médiation et d’animation du dialogue Sciences Humaines et Sociale et société (Destination Rennes, Champs de justice, Cartier Libre, parcours dans la ville en relation avec l’offre des Champs libres, Université Rennes 2…).

Q5. Quels autres usages et fonctions en complément sur le reste du site ?

Projet d’occupation artistique déployé, ces prochaines années, par les Circaciers en relation avec RM et les acteurs culturels et associatifs à l’échelle de la métropole rennaise (mise en œuvre progressive courant 2026) ;

Accueil du projet de formation de Tout Atout = opportunité d’implication de collectifs de jeunes du territoire (mise en œuvre courant 2026) ;

Progressivement, investissement et aménagement de nouveaux espaces pour accueillir de nouveaux projets d’activation du lieu, notammenet au niveau de la cour Est.

Q6. Seriez-vous disposé à planter l’arbre du 40ᵉ anniversaire de l’abolition à l’entrée du site ?

Il s’agit d’une question à renvoyer au projet définitif. Elle sera donc à traiter à long terme mais l’idée est très intéressante et à soumettre au groupe de travail chargé de la question de l’aménagement et de la végétalisation des lieux.

Q7. Êtes-vous prêt à financer les études préalables (PSC, étude de programmation) ?

Sur la phase transitoire, RM se positionnerait en partenaire des équipes scientifiques en SHS répondant à des appels à projet nationaux ou européens visant le financement de recherches sur le patrimoine matériel et immatériel de la prison Jacques Cartier. Des échanges structurants sont d’ores et déjà en cours et visent entre autres à situer la métropole de Rennes dans un réseau des villes européennes engagées dans un processus de patrimonialisation de leurs lieux d’enfermement.

Q8. Comment piloteriez-vous ce projet ? Avec quels partenaires ? Quelle place pour Champs de Justice ?

Pilotage par RM en relation avec le GT « mémoire/patrimoine/transmission »(dont l’association Champs de justice est partie prenante) = élargissement des acteurs engagés dans ce groupe aux champs libres, musée de Bretagne, université de R2.

Q9. Le pôle justice disposera de ressources (Documents, expositions comme Abolition de la peine de mort et Justice des années sombres, kits d’animation …) destinés à tous les publics. Quelle place donneriez-vous aux habitants de votre commune ? 

La phase transitoire renforcée constitue une étape essentielle afin de constituer un fonds documentaire solide et étayé dans sa dimension scientifique et construit avec et par « les multiples habitants » de Jacques Cartier entre 1903 et 2010.

Il nous semble que ce travail de collecte et d’expérimentations d’une médiation « partagée » est à poursuivre et enrichir ces prochaines années afin de concevoir demain un espace de médiation et de mémoire pertinent au sein de JC.

Q10. Quel modèle économique souhaitez-vous ? Feriez-vous appel à des opérateurs privés ? Avec quel objet ?

Convention et soutien aux projets des Circaciers et de Tout Atout ; Fonds de soutien à la programmation culturelle / citoyenne du site ;

Recherche de co-financement via des appels à projets européens sur la volet « patrimonialisation des lieux d’enfermement », « sciences et société ».Le modèle économique du futur lieu sera à construire en fonction d’un projet de reconversion stabilisé. À ce stade, la métropole est bien dans une démarche prospective de recherche de cofinancement privés adaptés aux grandes dimensions du projet.