Municipales 2026 Rennes et Métropole

Un « pôle justice » à Rennes Métropole : 

L’association Champs de Justice a adressé aux différentes listes municipales un questionnaire sur le projet de création d’un pôle justice à Jacques-Cartier.

Nous publions les réponses au fur et à mesure.

Photo Solange Ducasse
Photo Solange Ducasse

    Une contribution au « projet Jacques-Cartier » pour la mandature 2026/2032

LISTE VIVRE RENNES AVEC CHARLES COMPAGNON

Q1. Avez-vous un projet pour lancienne prison Jacques-Cartier? si oui,  quelles orientations prendriez -vous ?

Le devenir de l’ancienne prison Jacques-Cartier doit répondre à trois exigences : respecter la mémoire du lieu, répondre aux besoins actuels de la ville et rester soutenable financièrement pour la collectivité. Cet espace de centre ville est un espace chargé d’histoire et qui représente un potentiel de développement remarquable en centre ville de Rennes.

Cependant même si la valeur architecturale du bâtiment est indéniable, témoin de l’architecture carcérale du 19ème siècle, son état de délabrement avancé laisse supposer des coûts élevés de remise en état, sous réserve d’études techniques ultérieures. Au regard de ce qui a été réalisé dans plusieurs villes françaises (Riom, Meaux, Avignon, Lyon, Le Havre) qui ont mené des opérations de rénovation/réhabilitation de centres pénitentiaires désaffectées en site urbain, nous favoriserons une option consistant à réaffecter cet espace à la création d’un équipement public majeur : le pôle justice avec conservation d’éléments architecturaux représentatifs du passé du lieu, à la création de logements (résidence étudiante, crèche, logements sociaux, intermédiaires, BRS, et privés) au regard de l’urgence locale de réponse aux besoins en logement et de la rareté du foncier mobilisable, et enfin à la création d’un espace public naturel.

1/ Dans l’hypothèse où la conservation d’une aile pourrait être envisagée à un coût acceptable pour la collectivité et ses partenaires, nous pourrions envisager d’y implanter le pôle justice de Rennes : une maison de la justice et du droit. Cette implantation permettrait de tirer parti d’une part de ce témoignage de l’architecture carcérale de la fin du 19éme siècle et d’autre part des affaires judiciaires ayant marquées Rennes, notamment l’affaire Dreyfus, les moments douloureux de la période de l’occupation qui ont donné lieu à la torture et à la déportation de résistants par la gestapo, ou plus récemment les dernières exécutions de condamnés à mort par la justice française à Rennes. A ce titre, le site pourrait alors devenir un élément de l’attractivité touristique de Rennes et être valorisé comme tel.

2/ Dans l’hypothèse où les études techniques démontreraient un coût difficile à supporter par la collectivité et ses partenaires, nous devrions écarter la sécurisation et réhabilitation de tout ou partie conséquente du lieu. Ce qui n’empêcherait pas pour l’aspect mémoriel, que soit conservé la porte de la prison et quelques cellules réhabilitées et que soit produite une maquette numérique de l’ensemble du bâtiment actuel. Cette hypothèse ne supprimerait pas l’idée de la création d’une maison de la justice sur le site même de la prison mais cette fois-ci avec la création d’un nouveau bâtiment dédié. 

Q2. Comment définissez vous ce futur lieu et à destination de quels publics  ?

Q3. Seriez-vous prêt à  conserver une partie de l’ancienne prison en l’état, hors mise en sécurité, comme l’aile Est ?

Nous n’avons pas encore en tête quels secteurs seraient à conserver en priorité. Nous mènerions pour cela une consultation de bureaux d’études, de techniciens et votre association, les diagnostics techniques et financiers seront déterminants dans les choix à effectuer.

Q4 _A.  Adhérer vous au projet d’intégrer dans l’ancienne prison Jacques-Cartier un pôle justice, de médiation, d’information pour rapprocher les citoyen(e)s du monde de la justice ?

Oui. La création d’un pôle justice, de médiation et d’information a toute sa place à Rennes et sur ce site en particulier. Elle contribuerait à rapprocher les citoyens du fonctionnement de la justice et à renforcer la prévention et la médiation.

      -B.  Si oui, comment, avec quels moyens humains et matériels  envisageriez vous de développer un pôle justice dans une partie de Jacques-Cartier ? Quelle synergie pensez-vous développer ?

L’équilibre d’une opération de rénovation/réhabilitation sur un site tel que celui de la prison Jacques Cartier sera a priori difficile à trouver. Il n’est pas envisageable d’aboutir à une forme de financement de la création du pôle Justice au travers des marges bénéficiaires issues de la construction de logements, du fait, d’une part de la part de logements aidés qu’il faudra y intégrer au regard des obligations du PLH, et d’autre part de notre volonté de ne pas accentuer les mouvements inflationnistes sur les coûts du logement à Rennes. Il faudra donc rechercher les financements à cette maison de la justice en partie dans les budgets d’investissement de la ville et de la Métropole, mais bien sûr auprès d’autres partenaires publics et éventuellement privés. Les moyens techniques de pilotage des études et de l’animation du processus de consultation seront pilotés par la SPLA Territoires dans le cadre de ses missions ;Q5.Notre proposition ne porte que sur une partie des lieux (25% environ des bâtiments historiques). Quels autres usages et fonctions souhaitez-vous  en complément?

Notre projet intègre la création d’une résidence étudiante, d’une crèche, de logements sociaux, intermédiaires et privés, ainsi que d’un espace public naturel. Les fonctions mémorielles et le pôle justice pourraient représenter entre 10 et 15 % des bâtiments historiques ou du foncier, soit une surface de l’ordre de 1 300 à 1 950 m² au sol.

Q6. Deux condamnés à mort furent guillotinés à l’entrée de Jacques-Cartier. Seriez-vous disposé à y planter l’arbre du 40e anniversaire de l’abolition, actuellement dans les pépinières de la ville ?

Tout à fait d’accord pour la plantation d’un arbre commémorant le 40ème anniversaire de l’abolition de la peine de mort à l’entrée de la prison à proximité de la porte qui serait conservée.

Q7. Êtes-vous prêt à financer les études préalables à la réalisation d’un pôle justice, notamment le PSC (Projet Scientifique et Culturel) et l’étude de programmation ?

Oui en intégrant dans le cahier des charges, les missions prioritaires qu’elle pourrait assurer, en direction de quels publics, les éléments de coûts et l’identification des financements mobilisables.

Q8. Comment piloteriez-vous ce projet ? Avec quels partenaires ? Quelle place laisseriez-vous à lassociation Champs de Justice, au monde judiciaire, à la société civile, dans l’élaboration et le suivi du PSC ?

Nous mettrons en place un groupe de travail élargi associant la société civile, le monde judiciaire, le CLSPD, les services de l’État, les mondes scolaire et universitaire, ainsi que votre association. Cette gouvernance partagée permettra d’élaborer le projet scientifique et culturel, de définir les missions du pôle et d’en assurer le suivi.

Q9. Le pôle justice disposera de ressources (Documents, expositions comme Abolition de la peine de mort et Justice des années sombres, kits d’animation …) destinés à tous les publics. Quelle place donneriez-vous aux habitants de votre commune ? 

En premier lieu les habitants de la ville de Rennes comme ceux de la Métropole seront invités à participer à la définition du projet, son contenu, son mode de fonctionnement pour en faire un lieu pédagogique et de sensibilisation à la justice, son fonctionnement, les droits et devoirs des citoyens, les politiques de prévention et de répression autant local que national.

Le partenariat avec le monde scolaire et les associations de quartier notamment celles exerçant dans les quartiers politique de la ville sera privilégié. En ce qui concerne les ressources de ce pôle et notamment ses expositions il nous semblerait intéressant qu’elles puissent circuler et être présentées dans les principaux quartiers de Rennes Le Blosne, Villejean, Maurepas, Brequigny, …, et le Centre Ville.

Q10. Quel modèle économique souhaitez-vous ? Feriez-vous appel à  des opérateurs privés ? Avec quel objet ?

Un partenariat public privé sera privilégié. Le financement de ce pôle pourrait par ailleurs bénéficier de subventions de l’Europe, de la Région et de l’Etat. Pour son fonctionnement il va de soi que au-delà du financement de la Ville et de la Métropole, ce pôle s’appuiera sur la mobilisation des bénévoles de votre association comme des autres associations œuvrant à une meilleure connaissance de la justice dans la cité. 



LISTE VIVRE RENNES AVEC CHARLES COMPAGNON