Champs de Justice a adressé aux listes municipales un questionnaire sur le projet de création d’un pôle justice à Jacques-Cartier. Nous publions les réponses des candidats au fur et à mesure.

Julien Masson. Rassemblement National. Union des Droites pour la République
Q1. Avez-vous un projet pour l’ancienne prison Jacques-Cartier ? Quelles orientations prendriez-vous ?
Oui. L’ancienne prison Jacques-Cartier est un site patrimonial et mémoriel majeur, qui doit faire l’objet d’un projet de reconversion ambitieux, respectueux de son histoire et utile à la collectivité. L’orientation générale que je défends repose sur trois principes :
– préserver et transmettre la mémoire du lieu,
– ouvrir largement le site aux citoyens,
– en faire un équipement structurant au rayonnement métropolitain.
L’ancienne prison Jacques-Cartier a vocation à devenir un lieu citoyen, culturel et éducatif, conciliant patrimoine, médiation, sensibilisation et usages contemporains, dans un cadre apaisé et concerté avec les riverains.
Q2. Comment définissez-vous ce futur lieu et à destination de quels publics ?
Le futur site Jacques-Cartier doit être pensé comme un lieu public ouvert, accessible et vivant, articulant mémoire, culture, justice et citoyenneté.
Il s’adressera à des publics diversifiés :
– le grand public et les habitants du quartier,
– les jeunes et les publics scolaires,
– les étudiants, chercheurs et professionnels,
– les personnes concernées par la justice (justiciables, proches, associations),
– les visiteurs et touristes intéressés par l’histoire et le patrimoine.
L’objectif est d’en faire un lieu de compréhension, de débat et de médiation, permettant de mieux appréhender les enjeux de la justice et de la démocratie.
Q3. Seriez-vous prêt à conserver une partie de l’ancienne prison en l’état, hors mise en sécurité, comme l’aile Est ?
Oui.
La conservation partielle du site “en l’état”, notamment de l’aile Est, est essentielle pour préserver la dimension sensible et mémorielle du lieu.
Sous réserve des mises en sécurité nécessaires, ces espaces constituent un support irremplaçable de transmission, permettant de comprendre concrètement les conditions d’enfermement et l’histoire carcérale du XXᵉ siècle.
Q4.A. Adhérez-vous au projet d’intégrer un pôle justice à Jacques-Cartier ?
Oui.
Le projet de pôle justice, de médiation et d’information, porté par l’association Champs de Justice, s’inscrit pleinement dans l’histoire et la vocation future de Jacques-Cartier. Il répond à un enjeu démocratique majeur : rapprocher les citoyens du monde de la justice et en faciliter la compréhension.
Q4.B. Comment et avec quels moyens développer ce pôle justice ? Quelles synergies ?
Le pôle justice pourrait être implanté sur une partie clairement identifiée du site, en articulation avec les autres usages.
Son développement reposera sur un portage public fort (Ville, Métropole), une implication de l’État, notamment du ministère de la Justice et du ministère de la Culture, et des financements croisés (collectivités, État, fonds européens, mécénat).
Les synergies à développer sont multiples : avec le monde judiciaire (magistrats, avocats, administration pénitentiaire), avec l’université et la recherche, avec le tissu associatif, avec les acteurs culturels et éducatifs du territoire.
Q5. Quels autres usages et fonctions en complément sur le reste du site ?
Dans la mesure où le pôle justice n’occuperait qu’environ 25 % des bâtiments historiques, le reste du site pourrait accueillir des espaces culturels et pédagogiques complémentaires, des lieux de rencontres, de débats et de conférences, des espaces associatifs ou de médiation, des espaces verts ouverts, contribuant à la qualité de vie du quartier.
L’équilibre devra être trouvé entre animation du site et respect de son environnement résidentiel.
Q6. Seriez-vous disposé à planter l’arbre du 40ᵉ anniversaire de l’abolition à l’entrée du site ?
Oui.
La plantation de l’arbre du 40ᵉ anniversaire de l’abolition de la peine de mort à l’entrée du site constitue un geste hautement symbolique, en résonance directe avec l’histoire du lieu et les valeurs républicaines portées par le projet.
Ce symbole trouverait naturellement sa place dans un site dédié à la justice, à la mémoire et aux droits fondamentaux.
Q7. Êtes-vous prêt à financer les études préalables (PSC, étude de programmation) ?
Oui.
Les études préalables, et en particulier le Projet Scientifique et Culturel (PSC) et l’étude de programmation, sont indispensables à la réussite du projet.
Elles devront être financées par la collectivité, avec l’appui des partenaires institutionnels, afin de sécuriser la cohérence scientifique, culturelle, architecturale et budgétaire de l’ensemble.
Q8. Comment piloteriez-vous ce projet ? Avec quels partenaires ? Quelle place pour Champs de Justice ?
Le pilotage devra reposer sur une gouvernance partenariale et transparente, associant la Ville et la Métropole, l’État, les institutions judiciaires, les acteurs culturels et universitaires, la société civile.
L’association Champs de Justice, à l’origine du projet de pôle justice, devra être étroitement associée à l’élaboration et au suivi du PSC, en tant qu’acteur central de la réflexion, de la médiation et de l’animation du lieu.